Lundi 30 septembre
Aurevoir Gurvan, Margot, Rozenn ! Grand merci pour votre accueil Royal et la soirée pimentée (dans tous les sens du terme) des récits de chacun chacune.
En ce début de semaine où nous inversons les jours, lundi est ailleurs.
Le calendrier pourtant nous indique notre dernière semaine. Vendredi nous serons dans le train du retour au départ de St Nazaire
Aujourd’hui c’est d’Ingrande-le-Fresne-sur-Loire à Nantes que nous traçons la route. Nolwenn a de nouveau enfilé des sacs plastiques sur ses chaussures. Dès qu’il pleut, l’eau monte à l’intérieur et ses doigts de pieds ont tendance à naviguer comme des p’tits bateaux. De l’ouest le vent arrive au galop et nos visages prennent le large. Les yeux plissés nous roulons presqu’aux pas à certains endroits. La rive droite est en chemin bien stabilisée, et la plupart de temps protégée par les arbres et les haies qui la bordent.
Loire est présente partout même lorsqu’elle n’est plus à vue. Elle est rentrée dans nos têtes, nos esprits, nos imaginaires, nos espaces intérieurs. Elle nous travaille, nous accompagne, nous questionne, nous soucie.
Qu’est-ce que Loire charrie de tous ses souvenirs ? S’en souvient-elle ? Elle est-elle semblable aux hommes qui oublient l’Histoire en s’enfoncent dans les mêmes erreurs ? Que porte-t-elle encore de La Terreur, où Les noyades de Nantes virent des milliers de personnes, suspectes aux yeux de la République : prisonniers politiques, de guerre, de droit commun, gens d’église et leurs familles, noyées dans la Loire sur ordre de Jean-Baptiste Garrier.
Ses eaux sentent-elles toujours les 1 744 expéditions de traite négrières, et les plus de 500 000 esclaves déportés.
A-t-elle d’autres problèmes aujourd’hui qui l’inviteraient à oublier ? C’est quoi la qualité des eaux ? sont-elles devenues lourdes ?
A l’accueil de la Mairie d’Ancenis nous échangeons avec Lara et Yolande. Elles nous livrent sur pos-it les adresses mails et numéros des services qui nous intéressent. Le lien direct est fait. Tout aux longs du parcours, ce sont des visages bien vivants dont nous gardons le souvenir. Nos « factrices » du jour transmettrons de vive voix notre projet pour 2026. Nous repasserons.
ATTENTION !
12h30 l’estomac de Nolwenn sonne. Elle est réglée comme un coucou Suisse, et quand l’heure de la tartine a retentit, il ne faut pas plaisanter avec ça. Arrêt à Oudon où le café du Hâvre nous offre les meilleurs des plats. Une soupe dont la finesse aromatique nous fait prolonger le repas jusqu’au désert et recharger les batteries. Réellement et concrètement.
Nous y travaillerons tout le début d’après-midi, ordinateurs en actions et café en compagnon. Il nous faut envoyer le premier jet du résumé du pitch de notre récit qui s’écrit. Un futur programmateur (on croise les doigts) en a besoin pour le 3 octobre au cours d’une réunion décisionnaire.
A Oudon, traversée de pont pour rouler sur la rive gauche.
A Thouaré-sur-Loire retraversée de pont pour reprendre la droite jusqu’à Nantes. De rives en rives, de ponts en ponts, Loire change. On le voit, on le sent, dans le vent, dans les vagues qu’il provoque sur le fleuve, dans le nombre de bateau présents sur les flots, la mer approche. La Lumière change. Au sol pourtant un carreau nous renseigne : "ici La Loire commence ». Si là, n’est pas la source… De quoi sommes-nous la source ?
Nantes. Nous arrivons par les passerelles traversants les voies ferrées et nous sommes déjà étourdis des bruits, de la densité des mouvements, de gens plus expressément activés par leur planning. Nous croisons beaucoup moins le regard du monde qui passe.
Anne et Tayeb nous accueille. Tayeb est un collègue du Rire médecin, un clown merveilleusement fou et un transmetteur de cet art remarquable. Metteur en scène aussi. Avec Julien Gigault , autre collègue, ils viennent de commettre un nouveau livre sur le sujet clownesque : https://www.boitealivres.com/livre/9782322503834-clown-en-trois-temps-essai-sur-la-definition-du-clown-julien-gigault-tayeb-hassini/
Les mots, le jus de pomme bio de Sainte-Luce-sur-Loire, les odeurs de cuisine qui mijote nous entraînent dans une belle joie du moment. Anne et Nolwenn ont pleins de connaissances communes et déchiffrent leurs réseaux artistiques en égrenant les noms des compagnies ou collègues mutuels. Salomé, leur plus jeune fille, est tapie sur le canapé. Le père et la fille ont fait la course hier et une déchirure musculaire l’a coupé dans sa vitesse.
La Loire nous suit. Un Chinon remplit nos verres.












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