mercredi 2 octobre
Nous quittons Basse-Indre et Françoise après de belles tartines beurrées et un café serré. St Nazaire est notre dernière étape. Ce soir les vélos auront fait leur boulot, nous transporter un peu plus vite qu’à pieds sur les plus de 1000 km de Loire. Deux belles machines assistées qui t’obligent quand même à pédaler pour créer du mouvement. Oui, oui, nous sommes assistés.
Une brume matinale ébréchée de nuages encore endormis pourrait prétendre à nous égarer si nous étions dans les marais de Brière, mais la route est bien fléchée. Couëron, Courdemais commencent le trajet.
Il fait frais. Nos gants travaillent eux aussi à nous réchauffer.
Rien de prévu en rendez-vous sur les 65 km si ce n’est d’arriver à la mer. Sauf l’imprévu, lorsqu’à notre premier arrêt nous posons nos vélos devant « TERRE D’ESTUAIRE », le musée qui raconte la rencontre entre l’eau douce et la mer et bien d’autres choses encore. Le cadeau !
Oui, c’est un cadeau que cette visite en fin d’itinérance ligérienne. Dès l’entrée, trois courts films séquencent le parcours de Loire, de la source jusqu’à l’embouchure. Nous avons sous les yeux les rives qui défilent, toutes celles cotoyés pendant un mois. L’ensemble des installations nous ravissent, nous amusent, nous relient à ce que nous venons de traverser, à notre récit aussi qui se tisse au fil de l’eau et des rencontres : Humaines, architecturales, et présentement « maquétées ». Ce musée nous murmure sans le savoir bien plus que ce qu’il raconte. On aimerait bien jouer par ici.
https://www.terredestuaire.com
Le temps de cette déambulation de salle en salle, nos batteries avaient rejoints les prises et c’est rechargé que nous partons. Pierre et Adélaïde ont écouté nos aventures et le projet les intéressent grandement. Le contact est fait et comme vous le savez maintenant, nous repasserons !
Les aiguilles ont tourné. Au village de Bouée un bar épicerie nous invite à déguster de la « Langouille » avec un verre de chenin. L’odeur de ce pique-nique à l’intérieur du bistro attire les clients jusqu’à l’autre bout du comptoir.
Chacun alimente d’une réflexion babinienne, les invectives reptiliennes de son estomac criant la dalle tel une hyène.
Sur la table à côté, trois enfants jouent à quelques jeux de société pendant que leur maman s’offre une pause en discutant avec la jeune barwoman. Ils ont 10, 7 et 5 ans… 5 ans aujourd’hui ! Alors on chante un joyeux anniversaire et Nolwenn s’en va quérir dans LE rayon de L’épicerie, un joli petit paquet de bonbons qu’elle offre à la toute jeune demoiselle. Sourire ravi.
La suite sent le gazoil, l’hydrocarbure, les installations pétrolières, les maisons ouvrières bien dessinées le long de la route Usine. Le goudron des petites routes d’Ardèche et de certaines pistes cyclables s’est élargi en bande aéroportaire. Un bélouga décolle des bords de Loire. Nous sommes à Donges. L’immensité bétonnée chemine vers l’embouchure. C’est beau les tuyaux des usines s’élevant vers le ciel tout gris. Voie privée, souffles ronronnant et omniprésents des moteurs qui turbinent sans horaires de fin, flammes des hauts de cheminées brûlants les gaz. Nous sommes ça aussi. Notre modernité polluante nous attrape. Nous pédalons dans le doute et dans notre besoin de changements. Un héron donne l’alerte. Une « grue » lui répond.
Notre dernier bureau sera face à la mer.
Stan, un copain comédien bien connu sous le nom de Jérôme Poulain, nous rejoint. Ils ont déménagé en famille du côté de Pornic. Terrasse en bord de port devant le pied, les tripes et le Pull de St Nazaire.
Demain nous profiterons des étendues d’eau et regarderons de la digue, Loire se couler dans la mer.











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