Vendredi 13 septembre

 De Marcigny à Digoin en passant par Paray le Monial



 Il est sûrement très tôt, le jour transparait à peine dans la nuit qui s’en va. Dans mon le demi-sommeil affluent les questions. Elles tournent en ronde.

 

Qu’est ce que ça raconte tous ces kilomètres à fleurter en vélo avec Loire ?

Qu’est ce que ça raconte 1000 km de fleuve et 50000 km de rivières cumulée sur le bassin versant ?

Qu’est ce qui fait rivière ? Qu’est ce qui fait fleuve ? qu’est ce qui … Stop ! 

 Zen mais debout le chemin attend. Rangement, café, vélos, l’eau coule et avance, il faut la suivre, nous avons certainement des rendez-vous imprévus qui nous attendent. Oh oui… on ne sait rien de ce qui vient. C’est vendredi 13 !

 La pluie est encore tombée drue et la température est descendu à 2 degrés. Archi-détrempé sont les toiles de tentes. Nolwenn, au café du matin, annonce qu’elle a touché la limite du camping « de cet été indien hivernal » et qu’elle souhaite pour la suite, trouver un repère plus chaud. Oui, effectivement, si on veut continuer, il va falloir améliorer le confort de notre «station de sommeil et d’écriture ».

 

Nous filons vers Digoin par la piste verte aménagée et nous passerons Paray le monial juste avant. Nous avions prévus d’éviter cette ville pour aller un peu plus vite. La hasarde d’une rencontre nous fera faire le détour.



Arrêt à la marie de Paray, où à l’accueil, une personne souriante téléphone de suite au service correspondant.  Marie-Dominique au long cheveux noirs arrive sur l’instant. Elle écoute attentivement le sujet de notre passage et nous oriente vers l’office du tourisme. La conversation continue sur sa vision des politiques, de l’argent public qui comme l’eau, coule aussi, mais vers des canaux détournés du fleuve commun. Puis les mots s’intimisent sur nos vies, nos familles, sa fille.  Belle rencontre.

 

A l’office du tourisme, notre duo casqué expose à l’hôtesse son LE FLEUVE AMBULANT. La directrice n’est pas là, elle transmettra. Nous sortons, elle apparait. Géraldine nous questionne de suite sur le projet, elle est très intéressée par ce qui touche au vélo et au thème du fleuve. L’échange s’approfondit. Elle prend le temps, nous emmène visiter le cloitre juste à côté de la cathédrale.  Le lieu accueille des concerts, du théâtre. A la saison estivale, plus 4000 touristes déambulent dans la ville par semaine. Géraldine gère une partie de la programmation. Le lien est là et dès que le contenu de notre histoire aura avancé, elle attend de nos nouvelles. Nous n’y manqueront pas. Encore une magnifique rencontre imprévue qui, rêvons, nous amènera à jouer à Paray le Monial en 2026.  Le chemin avant la réelle contractualisation d’une représentation reste long. Mais … 


 

Casque, vélo, sortie de ville par quelques sens interdits pour rejoindre la piste et nous voilà vers Digoin où ce soir nous dormirons chacun « en cabane » ! Réservation est faite. 



 

Clin d’œil à Briare, c’est le pont canal qui nous offre la première vue sur la Loire. 




D’ailleurs juste à côté le musée de l’ObservaLOire est ouvert. Nous y rencontrons Alexandra et Carole. Elles nous orientent vers Jérémy pour ce qui est du spectacle. Son bureau est au service jeunesse. Il n’est pas là, Carole vient d’essayer de le joindre. Elle nous invite à voir un documentaire sur le fleuve et à  faire la visite, même rapide, du musée. Ici, c’est presque la fin de saison, il y a déjà beaucoup moins de monde, les scolaires vont remplacer les touristes.



Dans le hall une armée de poissons en ligne nous saluent. Selfie mémoire.


Direction Camping. Les cabanes sont mieux que les tentes mais toujours pas chauffées. Couvertures plus plus et meilleure isolation du sol feront l’affaire. 

Il y a une salle commune avec électricité et les radiateurs sont allumés. Nous y travaillerons jusqu’à 1h de mat. Mais avant…

Mais avant il faut retourner en ville faire quelques courses. Rererecasque, rererevélo. Nolwenn a envie d’un apéro avec quelques escargots. Nous sommes en Bourgogne quand même. 


L’apéro se prolongera car l’endroit trouvé est exceptionnel. Le restO gourmand n’y parait pas. il cache son savoir-faire mais pas sa gentillesse. Eric et Maria nous accueillent. Il est passé par les maisons étoilées et sa cuisine en a la qualité et l’esthétique. 

Nous y rencontrons Alain passé pour dire bonjour au couple. Alain est capitaine de péniche depuis qu’il est né sur un bateau. Il a une gueule de vieux marin dessiné par le temps. Il sort d’une opération à l’œil et dit que ça va beaucoup mieux. Pourtant son œil est gonflé de rouge tuméfié. Aujourd’hui il transporte les clients venus déjeuner sur le canal. Il nous raconte combien il était plus heureux avant et combien la vie du canal a changé . Les fermes, les bistros, les échanges de produits entre charbon et lapins et tout ce qu’il pouvait faire avec 15 francs… Il vient sur LE VIRGINIE là où son camping-car est garé. On peut passer quand on veut.

Nous échangeons nos 06 avec Eric. S’ils passent par Orléans ou Tours ils s’arrêteront faire étape. Mais comment recevoir un chef chez soi ???? Il nous donne son menu préféré : grillades et bon vin. C’est noté. D’accord !

La conversation finie autour d’une petite prune incroyablement bonne , forte et ronde à la fois.

Casque et vélo nous emmène jusqu’à notre bureau chauffé du soir. Journal de bord et Fleuve Ambulant ont sommeillent, ravis d’une longue journée riche et toutes choses. 

 

Demain , euh, tout à l’heure est un autre, euh , un même jour.







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