Samedi 14 septembre
Nous descendons de nos cabanes perchées pour prendre le petit déjeuner dans la salle chauffée du camping « Les chevrettes » à Digoin. Une salle chauffée et une bonne connexion internet, c’est noël !
Nous déjeunons avec Florence, qui a dormi sous sa tente et qui est gelée !Elle longe le canal du Nivernais en vélo jusqu’à Paray le Monial.. On échange des tuyaux sur les routes à emprunter, ses fabuleuses chaussettes imperméables, etc.
Nous voilà reparti sur le chemin de hallage. Nous roulons entre Loire et canal. On croise quelques bateaux, quelques pêcheurs de sandres, des cyclistes en retraite, de grands hérons gris qui font le guet au bord de l’eau.
On s’arrête sur le parking d’une discothèque. Boldomélok se manipule à pied normalement, les commandes étant intégrées aux bâtons de marches de Vincent. Là, il lui a fallu adapter le système pour le guidon du vélo, ce qui rend la manipulation délicate et occasionne de la tension dans la main.
Il fait beau, presque chaud.
A peine remonté sur nos vélos on croise un cycliste aux multiples sacoches accrochées sur le sien.
« Vincent ? »
« Yankel ? »
Incroyable hasard de croiser un membre de sa famille sur le chemin vélocipédique !
On déjeune ensemble, bien sûr ! Yankel voyage depuis 6 mois sur son vélo, avec comme projet d’aller jusqu’en Turquie. On parle des rencontres que le chemin nous réserve. Il nous évoque son compère des jours derniers, Simon, a vélo lui aussi, mais qui part plus tard car il est en maillot de bain ( il n’a pas de pantalon). Quelques instants plus tard, on le voit arriver ; je devrais dire apparaître : « Jésus » au cheveux longs qui volent au vent, un sourire de ravi de la crèche, avec son petit maillot de bain !
Le chemin nous apporte son lot de personnages.
Arrivés à Bourbon-Lancy, nous cherchons un hébergement pour la nuit. Le camping est complet, la météo annonce 2 degrés dans la nuit. Je ne me sens pas de dormir dehors, je loue un rbnb sur Booking. De retour aux vélo, ma roue avant est crevée…Bon, la station de réparage n’est pas loin. Vincent galère a démonter la roue, pendant que je cherche sans succès de la colle à rustine dans la ville. Roue réparée, on se rend au gîte pour attendre devant. Longtemps. On finit par trouver la dame qui s’occupe des clés, qui nous apprend que le gîte est loué… Impossible d’avoir Booking en direct, impossible de se faire rembourser. Dépitée, je suis. Fatigué, Vincent est.
On échoue aux studio du lac, où César, hôte attentif, nous loue une chambre pour la nuit.
Nous grignotons sur le pouce, les aspects comptables nous préoccupent, les possibles ou pas pour la compagnie, les frais déjà engagés, l’investissement personnel, les efforts à consentir, les dossiers de financement à monter, les partenaires d’accueil en résidence PPS à trouver, la temporalité sur deux mois et demi du projet, les temps où on ne jouera pas, les impératifs familiaux de chacun, le temps, l’énergie perdue aujourd’hui, le coût plus lourd des locations par rapports au simple emplacement de camping ... Puis tous les aspects auquel il va falloir réfléchir, les questions auxquelles il va falloir répondre, individuellement et ensemble, pour que ce projet puisse se faire….
Est-ce qu’on n’est pas en train de rêver trop grand pour nous ?
Je baisse la tête.
Le courant est puissant.
Je repense au routier où on s’est arrêté déjeuner il y a 10 jours, les accords Toltèques affichés dans les toilettes.
Ne rien prendre personnellement.
Avaler la soupe au goût de pierre.
Dormir



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