Mercredi 25 et jeudi 26 septembre
Pause à Tours, et c’est tant mieux car il pleut des cordes….
La pause est obligatoire car mon vélo a la roue raplapaltée encore une fois.
Dans la jolie petite maison d’Annie, c’est mise à jour du Blog, impression de dossiers,
réparation de mon vélo, achat de chambres à air neuves et de rustines ad hoc.
Annie, c’est ma mère, c’est tout doux ce petit moment passé ensemble.
Vincent a dû s’échapper de notre épopée Loire le temps d’une lecture parisienne du spectacle Hors piste, histoire de clowns à l’hôpital, qui raconte si bien notre métier. C’est un autre fleuve auquel il doit goûter, celui des métros et des humains pressés comme des citrons par la ville.
Pleine d’entrain , je m’attaque à la réparation de mon Jolly Jumper. Après quelques essais infructueux dans le salon, je ne peux que constater mon incompétence et me résout à trouver un.e dépanneur.se.
Pas simple de faire rentrer un vélo électrique dans une 206, surtout quand on a des muscles de bras à simple usage décoratif !
Grand merci à l’équipe de Véloop , qui me permet de repartir avec une monture requinquée !
Cette pause, c’est l’occasion, il faut bien le dire aussi, de régler un peu de paperasserie perso.
Même si on pédale vite, ça finit toujours par vous rattraper ces choses là !
C’est l’occasion de voir le reportage « des racines et des ailes » sur « La grande remontée de Loire », dès plus intéressant.
Nous avons hâte de nous poser bientôt avec Clément de la Rabouilleuse et Bruno Marmiroli de la Mission Val de Loire, pour échanger sur ce qui nous anime.
L’occasion aussi d’échanger brièvement avec Barbara Réthoré, de Natexplorers. Avec Julien Chapuis, ce sont des biologistes, éthologues de formation, pilotes du projet recherche-action-création : Loire sentinelle. Ils ont, eux aussi, descendu la Loire des sources à l’estuaire pour sonder son état de santé, et ont également fait partie de « La grande remontée » pour livrer leur conclusion. Nous souhaitons les rencontrer lors de notre passage en Anjou. Malheureusement les dates ne correspondent pas, mais le contact est établi. Nous allons, là aussi, prendre le temps de nous rencontrer bien.
Comme le courant, nous passons, parfois trop vite, là où nous aurions envie de nous arrêter. C’est pour ça qu’on a prévu, nous aussi, de remonter le fleuve en 2025, en pensant notre itinérance un peu différemment, notamment dans sa temporalité.
Cette micro pause permet sans doute de le réaliser pleinement.
Ça permet de vous partager un poème de Gary Snider, poète américain qu’Anna, de Cosnes-sur Loire nous a fait découvrir.
Le radeau sur la plage, je sors en titubant,
me secoue comme un ours
pour me débarrasser de l'humidité,
sur ce banc de sable,
je me repose de la rivière qui n'est que remontées d'eaux profondes, tourbillons latéraux, rétrotourbillons
rouleaux, rides et ondulations, remous, clapotis, houle
rejaillissements, hauts-fonds
confluence turbulence ourlet écumant
vaguelettes, rapides, disant
« Une hydraulique » est le croisement entre une vague et un creux,
- on obtient un effet de barrage.
Un roc en coussins se rabat totalement sur un creux,
une bande rocheuse émerge du sommet
de la vague
une meule est une série de vagues au fond
d'un étroit chenal
les rapides ont une langue - la langue glissante -
le "v" -
certains creux sont des gardiens,
ils ne vous laissent pas passer ;
remous, retours d'eau, on dit que "les remous sont des amis".
Le différentiel de courant peut vous aspirer vers le fond
les remous verticaux sont des vrilles verticales tourbillonnantes
les vagues en arête s'enroulent au fond
puis remontent à la surface.
Allez, retour aux radeaux."
Nous actionnons les grosses rames
et fonçons droit vers la tempête.
Nous l'offrons à tous les démons et esprits
Puissent-il tous être rassasiés et satisfaits.
Am makula sai svaha!
Gary Snyder, La pratique sauvage, Éditions du Rocher, 1998, pp. 132-133. Traduction d'Olivier Delbard.
*







Commentaires
Enregistrer un commentaire