mardi 10 septembre
Journée d’avaries.
Quel beau mot : réparer ! Il va falloir réparer. Arriverons-nous à réparer ?
Que faut-il réparer ? Analyser, comprendre la situation, la panne …
comment réparer ?
Dans le concret, c’est toujours l’épreuve qu’on n’attend pas.
Attention « chère Lecteurs », certains passages sont un peu technique.
Passé la Loire pour rejoindre Chambles, la côte de 5 km tout juste amorcée, voilà que Boldomélock déraille. Au début, on croit toujours à une réparation rapide, mais après un état des lieux détendu et zen, on découvre que c’est le pignon d’entrainement installé sur le moteur de la charrette qui est voilé. Grosse tuile. La chaine est coincée et cassée entre la structure et le moteur.
Nous sommes garés devant le portail d’une maison en bord de route, un chien aboie en continue. Pause et réflexion. Respiration. Tais-toi !
Il ne pleut pas, c’est notre chance.
Il faut tout sortir de Boldomélock pour travailler sans trop de poids sur l’objet roulant. Dans la caisse dépannage, nous avons une chaine pour y prendre des maillons, un pignon de rechange. C’est déjà énorme d’avoir tout cela. Nous mettrons 3 heures à l’ouvrage. Bande Apprentis réparateurs. Le propriétaire du quadripède entendant l’animal aboyer, vient nous prêter main forte très rapidement. Dans son atelier, il nous trouve les visses qui manquent pour fixer le pignon sur le moteur et martèle le pignon accidenté pour le remettre en forme.
Cette panne ne devrait pas arriver lors de notre descente en 2026 car les charrettes n’auront pas de chaines d’entrainement, et c’est là qu’il faut faire attention… c’est là que c’est technique :
Cela est dû au fait que Boldomélock a été adaptée pour la marche itinérante. Le moteur est à l’extérieur de la roue avec une chaine d’entrainement pour tourner plus vite et avoir plus de puissance dans les côtes. Le marcheur étant à 5km/h , avec ce système le moteur croit être à 15Km/h.
Vous nous suivez ?
13h nous redémarrons enfin après un air d’accordéon pour remercier Christian de son aide. Assurément ému, il galope vers sa cave pour chercher une bouteille de Bordeaux qu’il nous offre. Merci, merci ,merci ! On la boira à St Nazaire !
On donne mais on reçoit beaucoup en itinérance.
1km plus loin même panne, même blocage mais sans casse de chaine. Juste deux dents de pignon légèrement tordus. Là ça commence à attaquer fort.
Sur un mini parking en face d’un restaurant fermé nommé « les 4 cheminées », nous nous organisons. Respiration. Il faut manger, faire une pause.
Nolwenn prépare le déjeuner avec ce que nous avons dans la charrette et je redécharge de suite Boldomélock. Redémontage de la totalité du matériel et remontage presque entre deux fourchettes. Nolwenn venant de coupées 3 tomates tient la chaine du bout des doigts pour qu’elle ne sorte pas du pignon pendant le serrage du moteur. Ambiance bloc opératoire : S’il te plait, passes-moi la clé de 12, le boulon avec la rondelle derrière toi, la visse moteur et la clé Allen, etc… etc … Café. On respire. Un rayon de soleil.
On serre les fesses au moment de rouler. Ça marche !
Plus lentement et sûrement que lors des descentes du Mont gerbier, nous décidons de tenir un rythme adéquat de 15km/h pour ne pas vexer la chaine et les pignons. Ça tient. Fierté des réparateurs trop fiers.
Nous passons St Just Rambert avec un arrêt à la mairie, et comme la météo annonce de la pluie pour demain midi, nous décidons d’atteindre Feurs pour la soirée. Craintilleux, St André en Puy, arrêter au bureau de tabac presse du village pour recharger les batteries, car elles ne tiendront pas la distance. Ça monte et plus ça monte, plus ça consomme.
46 Km depuis la panne, 12 de plus avec ce que nous avions fait avant, soit 68 bornes et 4h de réparation. La charrette fait 140 kilos. Nous sommes rincés.
Stop.
Respiration.
Nous n’avons pas encore la réponse du camping à la ferme à côté de Feurs. Peuvent-ils nous accueillir ce soir ?
A L’entrée du bourg, l’hôtel deux étoiles de la gare nous chante une douce chanson. Après l’épreuve, la réparation ? oui. Besoin de confort sans monter les tentes. Il est tard. Les neurones commencent à collés. Nous mettons aussi les pieds sous la table d’un restaurant non loin. Il fallait ça pour caresser nos fatigues.
WiFi et lits font que chacun chacune ira prolonger ses travaux dans sa chambre.
Nuit réparatrice. La route est longue. Il faut pouvoir se recharger, se réparer nous aussi.
Est-ce que l’eau nous regarde, rigole et ricoche quand on est dans la merde. En garde t’elle la mémoire ?





Commentaires
Enregistrer un commentaire