jeudi 5 septembre 2024

 Le journée commence par un tour au marché avec Sylvie pour moi, tandis que Vincent s'affaire au chargement de la charrette. Il la baptise "Boldomelok", clin d'œil à notre Paul-Albert national! Nous prévoyons de partir en fin de matinée, car il y a une fenêtre de tir pour passer entre les gouttes. Au marché, on boit un canon avec Solange et Françoise, comédiennes à Saint Eulalie. le lien est immédiat et joyeux, je laisse un dossier, l'idée d'accueillir notre spectacle en 2026 , en lien avec leur association et la mairie les séduit. Ensuite, Sylvie nous emmène voir l'œuvre de Gilles Clément: "La Tour du partage des eaux". Le site est splendide, l'œuvre monumentale, elle traduit bien l' hésitation de l'eau entre les deux bassins Atlantique et Méditerranée. la Loire choisit l'Atlantique et c'est aussi vers là que nous allons. Avant même d'avoir grimpé sur nos vélos, je me sens déjà dans l'aspiration au mouvement du fleuve. J'appréhende un peu, j'avoue, les cols à franchir et les épisodes cévenols

à venir ( c'est comme ça qu'on nomme les pluies soudaines et denses par ici) . Vincent est préoccupé par la charrette, le poids et ce qu'elle exige de technique. Cela ne nous empêche pas de goûter la beauté du coin de tous nos yeux. En plus, il y a un chouette message écrit sur la route. Heureux présage.

En début d'après-midi, On est sur les vélos et les premiers kilomètres sont en descente. On teste, on ressent la route qui passe non loin de Sagnes et Goudoulet.  Dix minutes plus tard un premier pont nous offre la première traversée de Loire. Nous y sommes, notre itinérance d’écriture prend corps. Jusqu’à maintenant Nolwenn et Moi avons échangés des idées, des images, des sensations, des lectures, des questions techniques mais là nous sommes sur le terrain et tout s’arrête. Ou bien, tout commence. C’est une rivière qui courre sous nos yeux à 1300 mètres d’altitudes. Rien avoir avec notre Loire d’Orléans et de Tours. Après la saucée d’hier, le soleil à l’air de nous faire un clin d’œil pour nous rassurer sur la suite.





Il faut d’abord vivre l’instant, suivre le
lit de Loire, se laisser faire, lâcher prise et s’offrir au territoire.

Quelques pentes bien raides montantes et descendantes nous donnent la possibilité d’évaluer les charges que nous pourrons transporter pour le spectacle en 2026. La fiabilité des freins sur la charrette sont à revoir. Son poids avoisine les 150 kilos qui oblige à un pilotage certain. Le col de Gage à l’arrivée au lac d’Issarlès nous a bien renseigné sur les limites matérielles de nos envies créatrices.  Le camping du lac est à 1000 mètres. La nuit sera très fraiche et pleine d’une rosée dense. 138 m de profondeur, 2eme lac naturel le plus profond de France. EDF pompe de l’eau et l’envoi vers l’autre bassin versant. 










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