Dimanche 15 septembre
Longer le canal dans le petit matin frais. Les lunettes s’embuent et les yeux picotent.
Loire est là, pas loin, même si on ne la voit pas . Deux ragondins galopent, les hérons changent de berges.
Vitesse de croisière à 20 km heures.
C’est plat, alors on trace.
En plus c’est dimanche, tout est fermé, c’est le moment de faire des bornes.
Le camaïeu de vert à changé, ce n’est plus les mêmes essences d’arbres.
Des acacias, des peupliers, les mêmes.
Deux pêcheurs« ça mord ? »
« auf, non, y a bien trop d’algues ! »....
Asphyxie du canal ? Pollution ?
Nous passons trop vite pour en demander plus , mais nous repasserons.
Un pont.
Une pause, et rebelotte.
Après 42 km en caressant le fleuve des yeux, nous rejoignons Decize et son camping en bord de Loire.
Surprise ! Nous ne savions pas qu’un festival de rue « festi’rue » nous offrirait l’occasion d’être spectateurs.
Nous sommes installés sur les bancs place de la mairie en attendant que commence « Anatomik », le spectacle de clôture.
Le soleil invite à la détente, visage en repos et yeux mi-clos, lorsqu’une personne demande au public de s’avancer un peu vers le bord de scène car il y a plus de monde qu’escompté.
Sa voix et sa demande précise n’indique pas qu qu’elle soit spectatrice. A vue de nez, elle semblerait bien faire partie de l’organisation. Bingo, chouette de chouette de hasard cadeau !
C’est Nadège que nous rencontrons, elle est bénévole et enseignante passionnée. Aucun festival, quelque soit sa taille, n’arriverait à vivre sans l’investissement des bénévoles. Nadège, toute souriante, nous glisse à l’oreille qu’elle fait aussi partie de l’équipe de programmation. Incroyable. En 3 minutes nous échangeons sur «LE FLEUVE». Elle nous explique rapidement leur fonctionnement et marque un réel intérêt pour notre épopée ligérienne. Nous nous reverrons prochainement nous dit-elle en continuant dans sa belle énergie, a « faire avancer les choses » …Le spectacle commence.
La Cie Madam'Kanibal a installé sa baraque de foire, une «pauvre» fête foraine et peu déglinguée où la comédienne dévoile son jeu du tir aux ballons. Qui veut tenter sa chance ? Dans sa quête, c'est le sort qui va tirer...et désigner l'élu de son cœur.
Un repas au chalumeau pour célébrer cette rencontre, raviolis à la meuleuse sur lit d'ampoule au menu.Elle tente le tout pour le tout et offre, alors son mini « Peep show », afin de se métamorphoser en objet désirable : épilation à la meuleuse, costume sur mesure agrafé à même la peau...
Un bel univers, bien déjanté, bien écrit, bonne rigolade. C’était tout ce qu’il nous fallait avant de retourner au camping nous attabler devant nos ordinateurs respectifs accompagnés de pâtes aux pesto.
Dans le mobil home, ça ne chaume pas, on cause maquette, scéno, astuces techniques.
Est-ce que ça roule? Est-ce que ça tourne? Ça bouge? Oui. Mais comment?
Et nos personnages alors? Qui sont-ils? Que cherchent-ils? Où vont-ils? Est-ce qu’ils se perdent?
Comment? Pourquoi? Quand? Où?....
Le puzzle avance avec les kilomètres engloutis.




Commentaires
Enregistrer un commentaire